COMPTE-RENDU DE L’AG DU COCIG
mardi 23 février 2016, par Admin

Assemblée Générale du 19 Février 2016 - Rapport moral et d’activité

La présentation du rapport moral et d’activité de notre association est l’occasion de revenir sur des temps forts de l’année écoulée, de confronter les orientations que nous avons prises avec les valeurs qui nous rassemblent, et de consolider les objectifs que nous nous sommes fixés.

Vous ne serez pas étonnés qu’en me livrant à cet exercice, je consacre l’essentiel de mon propos à la lutte que nous menons contre la DSP relative à la desserte maritime de l’île de Groix. Je le ferai en soulignant certains moments particuliers, sans évacuer certains épisodes de tension que nous avons vécus et que nous avons su dépasser.

Après l’adoption de la DSP par le Conseil Général, le 18 Novembre 2014, nous avions connu une période de concertation avec Iles En Danger, d’une part, qui avait lancé une consultation juridique, et avec certaines associations belle-îloises qui soutenaient une initiative possible du Maire du Palais, dont on nous disait qu’il s’était mis en rapport avec l’avocat William Bourdon.

Nous étions convaincus de la nécessité d’une action en Justice et nous avions pris des contacts avec Maître Lèguevaques qui présentait de sérieuses références en matière de DSP, afin de nous assurer de son éventuelle intervention à nos côtés.

Néanmoins, nous étions prêts à nous associer à une action collective, pourvu que les objectifs en fussent clairs. Tel ne fut pas le cas : la rencontre avec les représentants locaux d’IED nous a permis de comprendre que la consultation juridique engagée tendait déjà vers l’inopportunité de l’action en justice et par ailleurs, après moult tergiversations, le Maire du Palais n’a pas donné suite à son intention initiale.

C’est après avoir procédé à ces diverses consultations que nous avons pris la lourde décision de nous lancer, seuls, dans une action en Justice. Nous recevions Maître Lèguevaques à Groix du 16 au 18 Janvier 2015 pour définir avec lui les modalités de son intervention et le contenu de son premier mémoire. Ce dernier était déposé devant le Tribunal Administratif de Rennes, dès le 19 Janvier.

Le 21 Janvier, nous organisions à Port-Lay une réunion publique pour informer la population de notre initiative et l’appeler à s’y associer. Plusieurs responsables locaux d’IED étaient présents et se sont exprimés par écrit quelques jours plus tard pour souligner la qualité du mémoire déposé par notre avocat et la possibilité qui était offerte aux adhérents d’IED de s’associer à la requête du COCIG.

Notre surprise fut grande et notre colère plus encore, lorsque le 31 Janvier un texte prenant le contre-pied des affirmations précédentes fut publié par un membre éminent d’IED, dénigrant notre initiative et la jugeant trompeuse et même risquée pour la population insulaire.

Une telle manœuvre de division méritait une réplique sérieuse : tel fut l’objet du texte "le coup de pied de l’âne" que nous avons publié sur notre site le 2 Février 2015. Cet épisode a laissé de lourdes traces dans certaines de nos relations, mais les tribulations ultérieures d’IED n’ont pu que confirmer la justesse de la position que nous avions adoptée.

Dans la foulée du dépôt du mémoire de notre avocat, nous avons pris une série d’initiatives pour mobiliser la population sur le recours en justice : plusieurs numéros du Jet d’Encre y furent consacrés, et plus de 160 requérants nous rejoindront au prix d’un travail militant remarquable ; de même nous faisions appel à des témoignages pour enrichir le dossier de l’avocat.

En Mars 2015 également, l’opportunité des élections cantonales fut saisie pour interpeller et rencontrer les candidats pour leur exposer nos doléances sur la desserte maritime de l’île.

Le 16 Avril 2015, l’avocat du Conseil Général déposait son mémoire en réponse. Le 19 Avril, nous organisions la soirée "Cabaret Solidaire" avec la participation de Lucien Gourong , Jo Le Port, Les Renavis, Laurent Morisson, et bien d’autres artistes groisillons. Cette soirée, à laquelle nous avions proposé aux Cirés Jaunes de s’associer, était destinée à recueillir les fonds nécessaires à notre action ; Anita Ménard y apporta une contribution reconnue et ce fut une réelle réussite, tant sur le plan de la mobilisation que sur le plan financier.

Le 14 Mai, nouvelle réunion publique, avec notre avocat cette fois. Devant un public de 150 personnes, Maître Lèguevaques fit une présentation de la démarche en cours, répondit aux diverses questions de l’assistance et surtout fit un appel à témoignages, précisant la méthode à suivre et la finalité des preuves apportées par les personnes directement touchées par les effets de la nouvelle DSP. On dut regretter que cette manifestation pourtant réussie fit l’objet, sur le site d’Anita Ménard, d’un commentaire désobligeant vis-à-vis des Cirés Jaunes qui amena le Président, au nom du COCIG qui l’avait mandaté, à se désolidariser de ses propos.

Le 13 Juin était organisée une conférence de presse commune du COCIG et des Cirés Jaunes sur le bilan des six premiers mois de mise en œuvre de la DSP (Goulard l’ayant annoncé, mais pas fait).

La période estivale fut consacrée au recueil des témoignages. Ce fut un travail harassant que nous fûmes peu nombreux à assumer et je rends hommage à celles et ceux qui s’y sont attelés. Mais le résultat est là : le mémoire en réponse que notre avocat a déposé le 7 Octobre est, de l’avis de beaucoup d’adhérents, de témoins et de lecteurs, d’une grande richesse et on peut relever que le soin apporté au recueil des témoignages des commerçants, producteurs et artisans, n’est sans doute pas étranger à l’avenant à la convention avec Océane, adopté lors de la dernière session du Conseil Départemental.

A la fin de l’été et au cours du dernier trimestre de l’année 2015, nous avons à la fois multiplié les initiatives pour populariser notre combat sur le dossier des liaisons maritimes et ouvert un nouveau front sur la question sensible de l’application de la Loi Littoral, qui vient amplifier un peu plus nos inquiétudes sur l’avenir de l’île .

La perspective des élections régionales nous a offert l’opportunité d’interpeller les candidats sur ces deux questions, étant précisé que sur la question de la Loi Littoral, nous avions préalablement interrogé les ministres concernés et le Préfet lors de sa venue à Groix et que des contacts étaient pris avec plusieurs associations bretonnes (les PLUmés) confrontées au même problème.

Le 20 Décembre, nous organisions sous les halles, une nouvelle manifestation de solidarité, "COCIG en fête" avec les fidèles RENAVIS, pour nous assurer quelques moyens supplémentaires pour la poursuite de notre action (vin chaud, crêpes, vente de vieux bouquins et CD, vide-grenier ...). La participation de la population fut soutenue, malgré la tenue le même jour de plusieurs manifestations publiques.

En conclusion :

Je viens de vous rappeler quelques phases majeures de notre action, au cours de l’année écoulée. Je ne vous ai pas détaillé les multiples écrits, interventions, contributions qui ont accompagné ces différents moments (les différents numéros du Jet d’Encre en portent la preuve).

Je voudrais surtout profiter de l’opportunité de ce bilan d’activité pour à nouveau affirmer ce qui nous a animés malgré toutes les vicissitudes : nous avons une claire conscience que le devenir de l’île de Groix est gravement menacé par les restrictions apportées à sa desserte maritime par l’actuelle DSP et par les limitations imposées à son urbanisme par une conception étriquée de la protection des zones côtières. Différents indicateurs économiques et démographiques confirment cette constatation.

De notre point de vue, et en conformité avec les valeurs qui nous animent, tout doit être fait pour solidariser les habitants de l’île face aux difficultés à affronter : tel est le sens de ce travail au quotidien que nous menons au sein du COCIG.

Je terminerai mon propos par une nouvelle toute fraîche : depuis plusieurs semaines nous avions sollicité un rendez-vous avec la Région Bretagne sur le dossier des liaisons maritimes ; notre avocat avait fait la même démarche et j’en avais parlé à Laurent Tonnerre, Conseiller Départemental, lors de la cérémonie des vœux.

Par mail du 10 Février dernier, le Vice-Président aux transports de la Région Bretagne a invité le Cocig a lui faire parvenir ses réflexions, critiques, analyses et propositions (cf. ci-dessous)

Et Laurent Tonnerre m’a informé il y a quelques jours qu’il nous invitait à participer le 23 Mars prochain à une rencontre avec Mr Lahellec, Vice-Président de la Région en charge des Transports et des Mobilités, Mme Le Saout Conseillère Régionale et membre du Cabinet de Mr Le Drian au Ministère de la Défense, Mme Le Stradic, Conseillère Départementale avec Laurent Tonnerre du canton de Lorient 2. Hier, j’ai appris de Monsieur le Maire de Groix que lui-même participerait à cette réunion. A nous maintenant de bien préparer cette réunion.

Le Président du Cocig

P.-S.

Réponse de M. LAHELLEC, Vice-Président aux transports de la Région Bretagne, en date du 10 Février 2016

Monsieur,

Permettez moi de vous dire que je n’ignore rien des diverses mobilisations qui se sont déroulées autour de la desserte de l’Ile de Groix.

Permettez moi de vous dire aussi que nous avons mis en place les instances de concertation pour les transports terrestres relevant de la compétence du Conseil Régional et que notre intention est de suivre cet exemple pour l’ensemble des transports qui relèveront demain de notre compétence.

Je vous informe aussi que j’ai reçu des sollicitations d’élu-e-s Lorientais m’informant de leurs contacts avec des associations, dont peut être la votre ?

Bref, nous sommes dans un contexte peu fiabilisé et il me serait agréable de pouvoir me faire ma propre opinion de mes propres questions pour élargir le sujet à toutes les catégories concernées.

Ainsi, par exemple, nous sommes a priori dans une démarche visant à définir des conditions égalitaires et solidaires de la desserte de toutes les Iles en Bretagne, ce qui implique pour nous une capacité à définir les situations différentes (matérielles, techniques et financières) caractérisant les dessertes actuelles.

En outre, il faut aussi que je puisse identifier toutes les prérogatives relevant de l’autorité concédante actuelle....

Tout en acceptant donc le principe d’une rencontre, il me serait agréable que vous me fassiez parvenir vos réflexions, critiques, analyses et propositions. Ceci viendrait compléter utilement notre information et nous permettrait surtout de pourvoir à toutes les discussions et négociations qui vont désormais s’engager.

Comptant sur votre compréhension, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de mes plus respectueuses salutations

Gérard Lahellec