Communiqué de presse du 2 novembre 2013
dimanche 3 novembre 2013, par Admin

LA POPULATION ATTEND UN PROJET DE SANTE

Ce qui se murmurait la semaine dernière dans les conversations des Groisillons est aujourd’hui confirmé : les médecins arrivés il y a un mois pour prendre la succession du Docteur Lesage, puis du Docteur Romieux, renoncent à leur projet et quittent l’île. Il y avait déjà eu la séquence du Docteur Choquenet, un moment annoncé comme successeur du Docteur Lesage et reparti sous d’autres cieux avec sa petite famille. Cette nouvelle déconvenue s’ajoute aux inquiétudes nées de la disparition du service de taxis et des menaces qui pèsent sur la pérennité du service actuel des traversées maritimes entre Groix et Lorient.

La presse nationale et régionale se fait régulièrement l’écho des initiatives et déboires de ces communes rurales devenues ce qu’il est convenu d’appeler des déserts médicaux. Récemment la commune de La Motte dans les Côtes d’Armor était sous les projecteurs : après avoir commandité un chasseur de têtes pour trouver un médecin, la commune fait venir un médecin roumain intéressé par la proposition ; le Conseil de l’Ordre des Médecins s’oppose à sa venue, invoquant notamment une pratique imparfaite de la langue française par ce praticien.

Nous n’en sommes pas (encore ?) là à Groix, mais, dans un contexte de non-communication de la part de la Mairie et de campagne pré-électorale imminente, le Collectif Citoyen de Groix, conformément à ses objectifs et dans le respect de ses statuts, entend formuler dès à présent, sur la base des informations dont il dispose à ce jour, les observations suivantes :
1 - La question posée ne se limite pas au remplacement de médecins qui partent à la retraite ; elle est d’abord celle de la mise en place d’une organisation sanitaire de proximité efficace qui prenne acte de la disparition du modèle classique du médecin de famille, s’inscrive pleinement dans la modernité et réunisse l’ensemble des acteurs (y compris ceux basés sur le continent) qui contribuent à la prise en charge de la santé de la population groisillonne. C’est une telle contribution qu’on pouvait attendre de la création, fortement incitée par l’ARS, de l’association APSIG fédérant une grande partie des soignants libéraux de l’île. Alors que d’éminents spécialistes soulignent que 75 % des actes médicaux peuvent être réalisés sans plus d’erreur et de danger par des soignants non médecins bien formés, le consensus local semble s’être limité à la reconduction du « partage du gâteau » en faveur des médecins en place ; rien de concret n’est envisagé pour favoriser la création d’un véritable Service de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD). D’où sans doute le blocage actuel, avec, d’une part, une ARS posant des conditions à l’installation d’un appareil d’échographie proposée par les nouveaux médecins et, de l’autre, une CPAM qui, au terme d’une analyse rétrospective fine des actes médicaux et de leur nature, relativise le champ d’intervention admissible du praticien à remplacer. Tout ceci sur fond de déficits budgétaires qui, par exemple, ont récemment amené le gouvernement à envisager le prélèvement d’une taxe sur des produits de placements financiers qui ne sont pourtant pas les plus prisés par les classes les plus favorisées de la population.
2 - On ne peut pas ne pas relever le silence de la Mairie à propos de l’avenir de la maison médicale, alors que son rachat par la commune est clairement envisagé, de même que, dans un premier temps, sa mise aux normes, puis son remplacement par un bâtiment neuf qui serait loué aux médecins. A aucun moment, la complémentarité avec le futur EPHAD n’est abordée.
3 - On peut être inquiet de l’opacité qui couvre la gestion de ce dossier délicat ; la confusion des genres règne : trois acteurs du dossier sont aussi des élus municipaux ; si d’aventure le projet de rachat de l’actuelle maison médicale était à l’ordre du jour, leur participation au vote serait équivoque. Par ailleurs, comment qualifier l’indignation feinte de Dominique Yvon à propos de l’absence d’information du Conseil Municipal par le Maire sur ce dossier, alors qu’il était lui-même présent, parmi d’autres élus, à la dernière réunion avec l’ARS ? Pourquoi, à l’issue de la dernière réunion du Conseil Municipal, alors que la question de la pertinence des actions de l’ARS était évoquée, Dominique Yvon ne s’est-il pas manifesté ? Cette duplicité témoigne d’un profond mépris à l’égard d’une population en plein désarroi.
4 - Les habitants de l’île de Groix sont inquiets ; les plus anciens et les plus vulnérables d’entre eux sont captifs. Il n’est pas tolérable que la gestion de ce dossier soit accaparée par les seuls professionnels directement concernés. Plagiant la phrase célèbre de Clémenceau à propos de la guerre, le COCIG n’hésite pas à dire : la question de la santé est trop grave pour être confiée aux seuls soignants. La concertation mise en place sous l’égide de l’ARS fait fi de l’avis de l’acteur central de ce dossier : les patients.

Au nom de cette démocratie participative tant invoquée par le Maire, nous demandons que les patients soient représentés et associés à la démarche engagée, de façon notamment à valider les « bonnes pratiques » attendues des différents partenaires de la politique de santé à mener sur l’île.