Démarchage "Voltalis"
vendredi 4 mai 2012, par Admin - 7 commentaires

Vous avez reçu un appel de la municipalité à répondre à l’offre de la Société Voltalis, après, si besoin, complément d’information lors de la réunion du 2 mai dernier.
Vous avez les documents en main : je ne reprendrai pas les arguments publicitaires de cette opération de marketing.
Je remarque seulement qu’un des représentants de la firme s’est félicité d’avoir 60 personnes dans la salle donc 10% des 600 foyers qui, d’après le dernier recensement INSEE, se chauffent à l’électricité sur l’île.
1 - Nous n’étions pas 40 (j’ai compté et j’ai l’habitude...)
2 - Parmi ces 40, nombreux étaient les couples...

Ci-dessous les questions et réponses après les exposés des "commerciaux" (terme employé par une interlocutrice téléphonique Voltalis bien que ces messieurs se défendent mordicus de "vendre" quelque chose)

- Il est demandé si le système est compatible avec le système heure creuse.
- Réponse : OUI. L’existence des boitiers n’influe pas sur l’abonnement. _- Est-on prévenu de la coupure ?
- Réponse : NON, pas nécessaire puisque seuls le chauffage et le fonctionnement du ballon d’eau chaude sont interrompus. Il est précisé qu’un bouton d’arrêt sur un des boitiers permet d’interrompre l’effacement
- Le système est compatible avec les nouveaux compteurs Linky.
- Les boîtiers doivent être installés près du tableau électrique (j’en connais qui ont planqué leur compteur dans une jolie petite armoire à ses dimensions ...) Il faut que l’installation électrique d’origine différencie les relais chauffage et ballon d’eau chaude. D’autre part la liaison étant celle des téléphones mobiles il faut qu’elle passe bien (si vous êtes trop loin du relais, c’est pas garanti). Cette liaison GSM est également une source supplémentaire de diffusion d’ondes dans l’habitat.
- Plusieurs questions (gênantes) sur la compatibilité avec le chauffage par pompe à chaleur : La firme sur ce point est en phase expérimentale parce que actuellement le système n’est pas pertinent (on a eu droit à une critique du système : "si vous habitez en bout de ligne dans un village fortement équipé en pompes à chaleur, vous avez de toute façon déjà des problèmes")
- En cas de panne, l’entreprise partenaire (Laudren technologie de Lanester) fera son possible pour intervenir rapidement. On a appris à cette occasion que le système pouvait provoquer l’arrêt total des deux fonctions "contrôlées" par Voltalis. Les adhérents en panne n’auront plus qu’à croiser les doigts pour que la panne n’intervienne pas un jour où les bateaux ne passent pas ou ne fassent pas comme certains fournisseurs de téléphonie qui attendent d’avoir plusieurs demandes pour se déplacer...
- Après l’insistance des deux intervenants répétant que l’usager n’aura rien à payer, il est demandé le nom des "philanthropes" qui investissent à perte pour le bien de la collectivité : Tenez-vous bien, c’est la famille Mulliez (créateur puis dépeceur de Phildar et à la tête actuellement du groupe Auchan dont les salariés savent, à chaque conflit social, apprécier le sens de la philanthropie !!)
- Ayant compris que c’est ERDF qui rémunèrera Voltalis, je suggère que peut-être, comme pour le compteur Linky, c’est l’usager EDF, adhérent ou pas du système Voltalis, qui financera en bout de course le coût de cette "avancée technologique et citoyenne", compris vraisemblablement dans l’augmentation de 30% prévue de nos factures dans les cinq ans à venir.
Dans l’argumentaire présenté, il est plusieurs fois répété que cet équipement vise à écrêter la consommation les jours de grand froid et d’éviter ainsi la mise en route des centrales thermiques polluantes ou l’achat d’énergie à des pays étrangers. Cela permettrait (peut-être ??) d’éviter la construction de certains équipements dont l’utilité n’est prouvée que pour ces journées exceptionnelles. (C’est l’économie faite sur ces postes par ERDF qui permettrait au réseau de racheter cet "effacement" à Voltalis).
Cela m’amène à trois questions dont vous conviendrez qu’elles ne pouvaient surgir que de mon cerveau conditionné :
- Vous avez admis un effet rebond après l’effacement commandé par Voltalis, cela veut dire que les chauffages une fois libérés de votre intervention vont mettre les bouchées doubles pour rattraper les degrés perdus (notamment dans les maisons mal isolées). La consommation économisée en énergie thermique se reportera donc sur l’énergie nucléaire ?
- Réponse : le nucléaire est un autre sujet et ce n’est pas le débat ....
- Si le but de cette campagne est également de faire économiser de l’argent à l’usager, pourquoi les collectivités qui vous soutiennent ne renforcent-elles pas plutôt l’appel au comportement citoyen des usagers en popularisant davantage par exemple l’existence de l’alerte Ecowatt qui remplit exactement la même fonction que votre installation mais sans investissement financier ?
- Réponse : cela permet de laisser l’esprit libre à l’usager qui n’a plus à gérer lui-même la démarche. (et à Mulliez de gagner à terme beaucoup d’argent ...)
- Quelle est la garantie que dans un futur régime totalitaire, votre système ne sera pas appliqué pour priver certains usagers de leur droit à la fourniture électrique "de confort" ?
- Réponse pas gênée  : cela existe déjà dans certains pays et cela vaut mieux qu’un black-out (ben tiens donc : on pourrait couper le chauffage dans les HLM et laisser les palais illuminés, les magasins et rues éclairées à giorno etc... Le black out ne serait que pour les défavorisés !)

En résumé, une action cohérente de sensibilisation à l’évitement des gaspillages d’électricité couplée à des aides à l’installation de production d’énergie renouvelable (prêts à taux zéro par exemple) serait plus efficace et nettement plus citoyenne que l’encouragement de collectivités publiques donné à des fonds d’investissement.

Compte-rendu d’Anita, validé par les trois autres adhérents présents.

Photo : ville de Quiberon

7 Messages de forum

  • Démarchage "Voltalis"

    5 mai 2012 13:45, par even

    bonjour,
    votre contrat passé avec EDF est fait sur la base d’une mise à disposition de 15, 30 ou 45 amperes qui sont facturés sous le terme d abonnement l’autre part etant les consommations.
    EDF doit donc fournir cette puissance contractuelle d autan que l’ abonnement sert à effectuer les renforcements de reseau et de puissance à l’ echelon national.
    on voit bien dans la demarche que c’est un marché de dupe (à moins qu il y ait une baisse de l’abonnement pour le requerant ???).

    • Démarchage "Voltalis" 16 octobre 2012 09:36, par Ronchon

      Hormis les bénéfices fait par tous les auteurs de la démarche "voltalis" (Qui ne se présentent pas) en faisant supporter les contraintes aux utilisateurs sans investir. L’énergie économisée sera certainement vendue à grand prix à l’étranger. Car les bénéfices ne génèrent pas de bilan CO² négatifs.

  • Démarchage "Voltalis"

    5 mai 2012 16:10, par titi

    Je ne comprends pas bien comment on peut mener un tel battage sur le volet maîtrise du "pacte électrique breton" sans l’accompagner du volet développement des énergies renouvelables. Par exemple, c’était l’occasion où jamais de parler de panneaux solaires. Rendez-vous compte, les jours de très grand froid sont souvent parmi les plus lumineux. Quelle aubaine de pouvoir simultanément utiliser la technologie présentée pour maîtriser la consommation et produire par soi-même une partie de l’électricité consommée.

    Je n’ose tout de même pas imaginer que le fait que l’argent aille plutôt dans la poche de l’usager que dans celle des grands pourvoyeurs puisse avoir un quelconque rapport avec un tel oubli. Je ne voudrais pas faire preuve de médisance.

    Passons des points de vue économique et écologique au point de vue psychologique. Avez-vous remarqué cette tendance actuelle à culpabiliser les citoyens en oubliant fortuitement toutes les opportunités de les valoriser. Ça me rappelle qu’EDF s’était illustré il y a quelques années par la publication d’une fiche conseil destinée à expliquer à ses agents mal payés comment faire pour économiser de l’argent avec une série de consignes du style "ne pas donner de pain au chocolat au goûter aux enfants mais plutôt des tartines de pain, ne pas leur donner de bain mais plutôt une douche" et tout à l’avenant.

    Ces démarches conduites par des gens qui n’appliqueront probablement jamais leurs propres préceptes ne visent qu’à dégrader l’image que les citoyens ont d’eux-mêmes afin de détourner leur attention des véritables responsables des gâchis actuels :
    - les citoyens ne sont pas mal payés, ils sont trop dépensiers
    - réduire sa consommation c’est bien mais revendre de l’électricité "propre" à EDF c’est mal
    - ce ne sont pas les industriels qui polluent avec leurs systèmes de packaging et le suremballage, ce sont les consommateurs dont les poubelles sont trop chargées
    - être bien portant c’est du confort, ce qui est normal c’est d’être malade
    - etc.

    Quel mépris pour les gens !

    • Démarchage "Voltalis" 7 mai 2012 18:03

      le fait que l’argent aille plutôt dans la poche de l’usager que dans celle des grands pourvoyeurs

      euh j’ai dû mal m’exprimer ... c’est bien Mulliez et Mulliez seulement qui va profiter du système !
      AM

      • Démarchage "Voltalis" 8 mai 2012 13:12, par Anonymous

        Si vous souhaitez des douches à l’eau froide pendant les heures creuses EDF, surtout n’hésitez pas, renseignez vous bien sur les frais de désinstallation ( 150 Eur la première année ), la durée des suspensions est aussi primordiale, leurs réponses sont vague : " quelques dizaines de minutes" mais ça peut facilement aller jusqu’à 40min.

        Bref de beaux discours, des arguments économiques, citoyen et écolo mais au final bcp de désagréments pour l’utilisateur...

        • Démarchage "Voltalis" 14 janvier 2013 11:09, par bonheur

          je suis très décue de l’installation, car j’ai carrément froid ! et je n’ose plus inviter chez moi. Un des radiateurs dans le séjour ne marche plus du tout.
          Que faut-il faire pour "désinstaller" ce truc ?? En payant, bien sure !!

  • L’exemple du compteur Linky

    13 mai 2012 10:13

    Linky, une bonne affaire pour qui ?

    Le compteur Linky doit être généralisé pour permettre aux consommateurs de mieux gérer leur consommation électrique. Mais pour l’UFC-Que choisir, le compte n’y est pas.

    Le nouveau compteur Linky, dont la généralisation a été décidée par un arrêté en date du 4 janvier 2012, va-t-il vraiment permettre aux consommateurs de mieux gérer leur consommation électrique ? C’est ce qu’affirme ERDF, mais l’UFC-Que choisir n’est pas de cet avis et a saisi le Conseil d’État pour qu’il annule l’arrêté. Une opération court-circuit qui s’appuie sur un constat : « Le compteur Linky ne répond pas aux exigences normatives européennes et nationales, et, en conséquence, n’est pas au service des consommateurs. »

    Une directive européenne de 2009 prévoit en effet que « les États membres veillent à la mise en place de systèmes intelligents de mesure qui favorisent la participation active des consommateurs aux marchés de la fourniture de gaz et d’électricité ». Le 9 mars 2012, une recommandation européenne insiste sur l’importance de la protection des données personnelles, et la nécessité de fournir des relevés et de veiller à ce que les clients finaux disposent d’une interface normalisée pour visualiser leur consommation individuelle.

    Pour l’UFC, le compte n’y est pas. L’expérimentation menée en 2010 en Touraine et à Lyon a été bâclée. Planning non tenu, défaillances techniques des compteurs, et, surtout, aucune évaluation des bénéfices que peuvent en tirer les consommateurs n’a été réalisée. Mais pour qu’il y ait bénéfice, il faudrait pouvoir visualiser sa consommation chez soi. Or, les compteurs sont souvent difficiles d’accès et sont pour plus de 50 % situés en dehors des logements. Le dispositif d’affichage déporté voulu par l’Europe est techniquement possible, mais n’a pas été mis en œuvre. Il est probable que les fournisseurs le proposeront moyennant paiement.

    De plus, les informations fournies sont minimales : consommation cumulée et consommation au moment de la consultation. Pas d’informations journalières ou horaires en kilowattheures et en euros, qui, elles, permettraient de maîtriser ses dépenses. Lors de l’expérimentation lyonnaise, consulter sa consommation via Internet était déjà facturé 3,50 euros/mois, et les fournisseurs testent actuellement divers services de mise en forme de ces données… payants bien sûr. Ce que l’UFC traduit pudiquement par « privatisation de l’accès aux données essentielles de consommation ». L’association ne croit pas plus à une facturation correspondant à la consommation réelle, rien dans la réglementation n’obligeant les fournisseurs à le faire.

    Enfin, contrairement à ce qui a été dit, Linky ne sera pas gratuit. Les consommateurs vont le payer via le le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (Turpe), et le total de la facture reste incertain. ERDF parle de 4,5 milliards d’euros, Henri Proglio, lui, évoque 200 à 300 euros par unité, soit 7 à 10 milliards d’euros pour 35 millions de boîtiers.

    L’UFC a donc de bonnes raisons de penser que « ces compteurs sont bel et bien conçus essentiellement dans l’intérêt exclusif du gestionnaire de réseau et des fournisseurs d’énergie ». Pour Nicolas Mouchnino, responsable de ce dossier, « il faut définir un cadre minimum concernant les droits des consommateurs – ce qui est gratuit, ce qu’ils vont payer, ce à quoi ils ont droit – avant le déploiement, pas après ».

    http://www.quechoisir.org/environne...

    C. Tréguier - Politis 4 mai 2012