Le Collectif contre l’immersion des boues (et le COCIG)
samedi 21 janvier 2012, par Admin

Le Collectif contre l’immersion des boues précise, lors d’une conférence de presse, sa position suite au rapport du Commissaire enquêteur présenté (entre autres sujets) lors du Comité de suivi du 19/1/.

En préalable, le collectif a tenu à réaffirmer que le dragage de la rade de Lorient était nécessaire. Le collectif a souligné qu’un comité de suivi devait se tenir en juin 2011, il a été reporté et ceci malgré des promesses de concertation plus régulière...
De plus la présentation des résultats de l’enquête d’utilité publique dans les 4 communes de Lorient, Groix, Ploemeur et Lanester est sujette à caution. En effet 14 avis favorables - souvent des individualités - au clapage en pleine mer sont mis sur le même plan que les 22 avis défavorables dont de nombreuses associations regroupant des centaines de citoyens. Bizarrerie arithmétique...
Si le rapport donne un avis favorable au dragage et l’immersion des boues pendant une période de 7 ans au lieu de 10 ans demandée par la DCNS, le commissaire enquêteur reprend à son compte des observations faites par le collectif "anti-boues".

2015 va être la date butoir pour un bon état physico-chimique et écologique de la qualité des eaux de baignade et des eaux marines en général. Pourquoi donc suggérer des clapages jusqu’en 2019 voire 2022 ?
Le commissaire enquêteur pointe aussi le "caractère paradoxal dans la forme(...) et une interrogation sur le fond" quant au choix du site Natura 2000 de Groix retenu comme zone de clapage. Rappelons qu’un site Natura 2000 est censé protéger la biodiversité. Des millions de m3 de boues déversées devrait impacter ce site, la flore et la faune...
La présence de l’éponge carnivore, protégée par la Convention de Berne, est aussi évoquée.
"Le choix du site de clapage a été largement conditionné et guidé par des considérations d’ordre pratique liées à la faible distance de transport des sédiments..."nous dit le commissaire enquêteur, façon à peine voilée de dire qu’une fois de plus ce sont des considérations financières qui ont prévalu face aux nécessités environnementales.
"Par ailleurs, à moyen terme, le choix d’un futur site d’immersion devra s’appuyer sur des bases multicritères appropriées intégrant l’approche réglementaire mais également la capacité de confinement optimisé des particules fines, le faible impact vis à vis des écosystèmes et l’éloignement pertinent de la côte et de ses plages (...) Il sera indispensable à moyen terme de privilégier l’éloignement du site d’immersion par rapport aux zones côtières." ". Le site actuel est donc inapproprié...
Page 18 et 19 du rapport, le commissaire préconise des barges "en situation de s’éloigner davantage de la côte" et surtout comme solution d’avenir d’introduire "une gouvernance élargie", c’est à dire que des moyens soient mutualisés entre les différents acteurs que sont la DCNS, la région Bretagne, Cap L’Orient etc. Actuellement, chacun fait ce qu’il veut dans son "coin".
Le collectif "anti-boues" réclame une coordination des politiques de dragage et des moyens mis en commun pour un traitement des boues à terre.
La conclusion du rapport ne nous satisfait pas car elle préconise une autorisation d’immersion des boues en mer pendant 7 ans. C’est laisser bien trop de liberté aux maitres d’œuvre de ces dragages pour continuer à déverser des millions de m3 près de Groix et de la côte voisine. Nous leur faisons une "confiance moyenne" dans leur désir affiché de préserver la planète face aux intérêts économiques et financiers !

Guénaël le Gras